La route de Potosi à Uyuni est toute neuve, seuls les derniers kilomètres sont encore en travaux. Pour ceux qui l’ont empruntée il n’y a pas si longtemps, ça peux faire rêver. Nous continuons de progresser sur l’altiplano, au milieu des troupeaux de lamas, traversant quelques hameaux faits de maisons en adobe qui semblent abandonnées mais qui sont bel et bien habitées. Nous imaginons aisément la différence entre notre mode de vie parisien et celui de ces « campecinos », nous essayons de le faire remarquer aux enfants mais ils s’en rendent compte d’eux-mêmes en regardant par la fenêtre de Pampicar.
Le salar d’Uyuni est une étendue de sel de 100km de diamètre, il attire de nombreux touristes du monde entier, nous l’avions marqué d’une croix sur notre carte bien avant notre départ. C’est aussi l’une des portes d’entrée du Sud Lipiez, étendue sauvage faite de paysages merveilleux comme la laguna colorada et la laguna verde. Nous avons renoncé depuis quelques semaines à faire le Sud Lipiez : seuls avec Pampicar ça ne nous parait pas raisonnable (les pistes sont trop difficiles), en tour organisé en 4×4 nous ne pensons pas que Marius supporterait le rythme (3 ou 4 jours à raison de huit heures de route par jour, lever à 5h par -10°…). Oui, Laurent, c’est un des seuls conseils que tu nous avait donné sur l’Amérique du sud : « il faut voir la laguna colorada ! », ça sera pour une autre fois… De même nous n’irons pas sur le salar en camping-car : le sel est trop corrosif et il y a un risque de se « tanquer » dans un trou d’eau, nous savons que d’autres l’ont fait sans problème mais nous ne prendrons pas le risque. Nous arrivons donc à Uyuni, la ville ne nous inspire pas, mais alors pas du tout : beaucoup de poussière, d’ordures, les rues sont en très mauvais état. Rapidement nous nous mettons à la recherche d’un hôtel qui pourrait accueillir Pampicar dans son parking, car nous n’avons vraiment pas envie de bivouaquer dans cette ville. Après plusieurs heures de recherche, le seul hôtel dont l’entrée du parking est suffisamment haute pour laisser passer Pampi est le « Tonito », seulement il n’est pas question de stationner sur le parking si nous ne dormons pas à l’hôtel. Nous nous laissons facilement convaincre de troquer notre maison à roulettes contre une chambre chauffée (nous sommes toujours à 3600 mètres d’altitude, notre chauffage ne fonctionne donc toujours pas), une douche chaude et des lits avec de grosses couvertures, le nuits sont extrêmement froides à Uyuni !! Les enfant sont super excités à l’idée de dormir à l’hôtel. Parallèlement nous réservons une visite du salar pour le lendemain : journée complète avec 4×4 et chauffeur. Afin d’éviter toute mauvaise surprise, nous prenons soin de choisir une agence qui a pignon sur rue, et nous n’allons pas être déçus… Nous dînons de succulentes pizzas dans le restaurant de l’hôtel et passons une bonne nuit, bien au chaud.
Le lendemain nous avons rendez-vous à 10h avec notre guide, Ronaldo. La visite commence par le cimetière des trains, passage obligé mais sans intérêt, de toute visite du salar. Ensuite nous prenons la direction de Colchani, au bord du salar, où nous avons le droit à une petite explication sur le ramassage du sel. Nous croisons les « quatre vagabonds » que nous avions rencontrés à Arica et qui terminent leur tour de quatre jours en 4×4 dans le sud Lipiez (celui que nous ne ferons pas). Nous sommes contents de les revoir mais nous devons repartir rapidement, le salar nous attend. Marius à juste le temps de faire tomber une « magnifique » petite boite en sel de l’étal d’une vendeuse d’artisanat, qui nous fait remarquer que celle-ci est ébréchée et que nous devons donc l’acheter !!! Cinq bol (0,50€), c’est rien, mais quand même… Nous sommes enfin sur le salar : du blanc à perte de vue, c’est magnifique, nettement plus impressionnant que les Salinas Grandes d’Argentine, les photos parlent d’elles-mêmes. Pause déjeuner dans un ancien hôtel de sel, au menu : viande de lama, quinoa, crudités, fromage, délicieux ! Notre guide n’est pas très loquace mais tout de même sympathique, par contre il ne veux pas manger avec nous… Nous discutons un moment avec l’un de ses confrères qui se moque gentiment de nous et de nos fringues Quechua et nous reprenons la route pour environ quatre-vingt kilomètres sur le sel jusqu’à l’île Incahuasi, couverte de cactus, qui offre une vue somptueuse sur le salar. Nous montons au sommet de cette île pour profiter du panorama, puis nous redescendons pour nous livrer à une nouvelle séance de photos rigolotes. Il commence à se faire tard et nous ne trouvons plus notre guide, nous étions censés rentrer vers 16h et il est déjà 17h. Finalement il arrive, accompagné d’un autre type, Magali remarque que sa démarche n’est pas normale. Il nous raconte que le type qui l’accompagne est coincé sur l’île depuis plusieurs jours, qu’il n’a pas à boire et que ce serait très gentil de notre part si nous acceptions de le laisser monter avec nous dans le 4×4 pour le ramener à Uyuni. Malgré ses explications confuses nous acceptons (il y a juste une cinquantaine de véhicules qui passent par là chaque jour…). Notre chauffeur-guide a changé de comportement par rapport au matin : il a des gestes saccadés, parle très fort, conduit à fond puis s’arrête brutalement avant de repartir à deux à l’heure… A un moment nous avons même l’impression qu’il s’endort. Il a juste picolé pendant que nous nous promenions sur l’île et c’est probablement la seule raison de la présence de l’autre type à ses côtés, super !! Il insiste pour que nous restions assister au coucher de soleil, il propose même de nous laisser seuls un moment pour profiter de ce moment magique et de revenir nous chercher un peu plus tard. Nous refusons, mais il finit tout de même par s’éloigner d’un centaine de mètre avec le 4×4, traversant une immense flaque d’eau et tardant à revenir, après le coucher de soleil, malgré nos appels (bien évidemment, toutes nos affaires sont dans la voiture, notamment les clefs de Pampi). Après une dernière « blague » dans Colchani où il nous fait croire que nous sommes bloqués sur la route (là Guillaume commence à s’énerver) nous rentrons à l’Hôtel. Il est 20h, il fait nuit, hors de question de repartir maintenant, du coup : re-chambre et re-pizza ! En dehors du fait que notre guide était plus que nul, nous sommes déçus du salar. Certes c’était splendide, mais depuis neuf mois nous voyageons par nous-mêmes, c’est une des rares fois où nous faisons une excursion organisée et nous avons réalisé à quel point nous avons pris goût à cette liberté. Du coup nous avons encore moins de regret pour le Lipiez, ce manque de liberté nous aurait sûrement pesé.
Nous repartons d’Uyuni soulagés de quitter cette ville qui vraiment ne nous laissera pas un grand souvenir. Nous prenons la direction de Sucre, capitale de la Bolivie. Une famille Belge s’y est installée après avoir voyagé pendant trois ans à travers le monde, ils ont repris un camping-cabanas à quelques kilomètres de là. Le camping n’est pas encore ouvert, mais ils sont d’accord pour nous accueillir quelques jours. Nous arrivons bien plus tard que nous l’avions prévu et finalement nous les retrouvons chez eux à Sucre. L’accès à Qhatalla (leur terrain) semble difficile, nous décidons donc, dans un premier temps, de stationner dans leur rue quelques jours afin de visiter Sucre, l’une des plus belles villes d’Amérique du Sud. Catherine et Nicolas et leurs trois fils : Anatole, Léonore et Gabin nous accueillent chaleureusement, les enfant sont ravis de trouver de nouveaux compagnons.
Sucre est effectivement une ville magnifique, probablement l’une des plus belles que nous ayons visitées depuis Sydney. Capitale historique de la Bolivie, c’est ici qu’a été signée la déclaration d’indépendance, la première d’Amérique du sud. Cette ville est à la fois paisible et vivante, la blancheur des édifices coloniaux, le calme de ses cloîtres contrastent avec les couleurs et l’animation de son marché. Nous avons visité le petit musé du textile où nous avons eu un aperçu des différents costumes traditionnels des villages environnants et des techniques de tissage. Au marché nous nous sommes régalés de jus de fruit frais et de plats locaux (un peu trop épicés au goût de Mag…). Après deux nuits passées dans la rue de Catherine et Nicolas, nous constatons que le chauffe-eau fuit ! Nous décidons donc de nous installer dans une sorte de petit camping en plein centre ville avec douche, cuisine, électricité, wi-fi, un grand jardin et tout ça pour nous tout-seuls, afin d’être au calme pour réparer la fuite. Il y a juste un petit problème : l’entrée est très étroite et Guillaume arrache une des lumières latérales de Pampi en entrant… Les proprios, Alberto et Fellicidad sont désolés, Alberto fait le tour de ses connaissances pour nous réparer tout ça, super sympa ! Nous rencontrons également Pio, un ami d’Alberto, qui, apprenant que nous sommes médecins nous propose de visiter un hôpital. Nous voilà donc partis avec lui dans un hôpital tenu par des sœurs. Magali visite le service de néonat qui n’a pas grand chose à envier aux nôtres. Ici, comme en France, les poches des internes débordent de carnets et de livres, seule différence : les hommes et les femmes ne sont pas hospitalisés dans les mêmes services. Pio nous emmène ensuite chez lui, nous avons une discussion très intéressante, quelques mots en français mais surtout en espagnol, encore quelques mois et Magali sera totalement bilingue ! Il nous explique qu’il a vécu plusieurs années en Europe (en France et en Allemagne principalement), mais qu’il a ressenti le besoin de retrouver ses racines et que c’est ici, en Bolivie, qu’il se sent bien.
Depuis notre arrivée à Sucre, Marius et Justine n’ont qu’une idée en tête : retrouver les enfants de Catherine et Nicolas pour jouer avec eux, surtout qu’une autre famille de voyageurs Belges avec quatre filles s’est installée dans une de leur cabañas à Qhatalla. Nous les rejoignons tous en taxi (Pampicar ne serait jamais arrivé entier jusque là) et passons une très bonne journée au « campo ». Le site est très joli, nos hôtes et leurs amis super sympas. Nous ne verrons pas Evo Morales, venu célébrer les fêtes de l’indépendance à Sucre, mais nous passons l’après-midi à jouer au badminton, au mini-golf et à la pétanque. Pas la peine de vous dire que les enfants n’avaient pas envie de quitter leurs nouveaux amis… Ces cinq jours passés à Sucre nous ont ravi, nous reprenons la route en direction de La Paz (qui n’est pas la capitale la plus haute du monde, puisque ce n’est pas la capitale !!!), puis nous irons au Pérou, nous retrouvons Papou et Mamou à Arequipa dans moins d’une semaine.














































































































































































































































































































































































































